lundi 21 septembre 2009

Rocher percé et île aux fous

Aujourd'hui même Pat la Marmotte doit se lever tôt. Nous partons en effet à 8h30 avec notre hôte William en 4x4 pour un tour guidé des environs de Percé.


Pendant plus de 2h, nous découvrons plein de sites très sympas, écoutons les histoires de William et faisons beaucoup de belles photos. Ce fut une bonne décision de prendre ce pack "découverte" en plus des chambres. Sans William et son 4x4, nous aurions manqué des points de vue fantastiques et n'aurions pas eu droit à des anectodes très intéressantes, par ex. celle sur Jacques Mesrine :
Après avoir sévi à Montréal, le célèbre gangster français a séjourné à Percé, au Motel des 3 soeurs avec sa compagne et complice du moment, Jeanne Schneider. Ayant trucidé la patronne du motel, les 2 amants fuirent pour les Etas-Unis. Arrêtés en Arkansas, ils purgèrent ensuite une peine de prison à Percé et un de leurs gardiens était le père de William !

Vers 11 heures, retour au gîte. Nous passons à la banque histoire de renflouer la caisse commune, achetons des lunch box puis partons à midi en bateau pour l'Île Bonaventure.

La traverseée est très intéressante. Le bateau ne se contente pas de nous emmener sur l'île mais fait tout d'abord le tour du Rocher Percé. Cet îlot rocheux présente des falaises escarpées et une arche naturelle qui lui a donnée son nom. De loin, il ressemble pour moi à un chien essayant d'attraper sa balle. Après avoir vu cette spectaculaire formation naturelle sous toutes ses coutures, nous faisons le tour de l'Île Bonaventure avant d'accoster au seul et unique port.

Autrefois un des premiers sites de pêche saisonnière de la Nouvelle-France, cette île fut ensuite longtemps la propriété de pêcheurs anglo-normands avant de devenir en 1919 un sanctuaire pour oiseaux migrateurs, en particulier les Fous de Bassan. Inhabitée depuis le début des années 70, l'île héberge la plus grand colonie de Fous de Bassan au monde (près de 121 000 oiseaux en 2008).


Arrivés sur l'île, nous prenons le sentier le plus long "Les mousses" (9,4 km) afin de ne pas être embétés par les autres touristes. Ca marche, nous sommes quasiment tous seuls en pleine nature. Malheureusement la forêt de l'île est malade, près de 70% des arbres sont infectés par des insectes qui pondent des oeufs dans leur écorce. Celle-ci tombe, la sêve s'écoule et l'arbre meurt.

Après une longue ballade dans ces sous-bois à l'air pétrifié, nous arrivons dans le domaine des Fous de Bassan. La haute saison est passée mais près de 60 000 oiseaux recouvrent littéralement le sol comme un tapis de plumes.

L'odeur est forte, le bruit aussi et le spectacle impressionnant. On se croirait en plein milieu d'un documentaire animalier. Durant cette séquence 60 millions d'amis, nous rencontrons de nouveau un couple de français qui logeait avec nous au Gîte du Bois-Joli avant hier. La Gaspésie a beau être grande, le monde est quand même bien petit !
Laissant les Fous à leurs occupations, nous continuons notre chemin jusqu'à la Baie des Marigots, petite crique où nous pique-niquons. A distance respectable, des phoques et des mouettes nous observent.

En raison d'une drôle d'odeur (vraisemblablement due aux restes décomposés des repas des phoques et oiseaux), nous ne nous attardons pas et poursuivons notre tour de l'île en suivant le "Chemin du Roy". Nous pouvons y observer quelques habitations en ruine, seules reliques de l'époque où l'île était un centre important de pêche. De retour au port, nous allons boire un coup dans le seul bar-resto de l'île car nous venons à quelques minutes près de louper le bateau de 16 heures. Une heure plus tard, retour par le dernier traversier en compagnie des employés de la réserve naturelle et du patron du bar.

A soir, diner au restaurant "La morutière". Le cadre est bien, la cuisine très correcte et pas excessivement chère, par contre au milieu du repas le débarquement d'un autobus de touristes séniors casse toute l'atmosphère et déboussole complètement les 2 pauvres serveuses. Après 30 min. d'attente pour le dessert, nous rentrons repus mais bien fatigués à "La Rêvasse".



dimanche 20 septembre 2009

Les histoires de papi Marcel, Baie des Chaleurs et sud de la Gaspésie

Hier soir, nous nous sommes littéralement écroulés. Depuis notre arrivée au Québec nous sommes de vrais marmottes mais là tous les records sont battus : au pieu à 20h45 ! 9 heures plus tard, j'émerge d'un sommeil de plomb et vais faire une ballade en attendant que Pat finisse d'hiberner. Le coin est vraiment tranquille, une véritable idylle bucolique. Quelques clichés plus tard, retour au gîte où je profite du grand sous-sol pour rédiger ce journal sans réveiller Joe la Marmotte.



8 heures, petit-déjeuner digne d'un banquet avec le très volubile Marcel et son épouse : muffins au potiron et aux raisins, petits fours, oeufs tournés, confitures à foison, cheddar délicieux tout comme le lait de leur vache prénommée Caroline. Après ce festin, Marcel nous fait visiter la ferme, tout en racontant de nombreuses anectodes. La plus intéressante : en 1975, leur actuelle maison, alors demeure de ses grands-parents, fut transportée par camion d'un bout à l'autre de la propriété. Transporter une maison de 40 tonnes, il faut le faire ! Et ce, en l'espace de 5 heures, sans la vider ni casser mobilier et vaisselle.

Vers 11 heures, un peu en retard mais des images plein la tête, nous quittons à regret ce couple très attachant. Il va nous manquer le Bois Joli ! Suivant les conseils d'Esther, nous nous rendons tout d'abord à Saint-Alexis de Matapédia, petite bourgade perdue dans la forêt d'où on peut accéder à un belvédère extraordinaire, la plus belle vue depuis le début de notre voyage !


Nous admirons un long moment la majestueuse rivière Matapédia avant de rejoindre la civilisation et la route 132. Arrivés à Pointe à la Croix, à l'embouchure de la Matapédia, nous entrons dans la Baie des Chaleurs et apercevons au loin le Nouveau Brunswick, province anglophone limitrophe du Québec. Colonisée à l'origine par les Acadiens (ethnie originaire de l'ouest de la France), cette province est à l'heure actuelle en majorité anglophone. En raison de cette proximité avec le Nouveau Brunswick, de nombreuses villes de la Baie des Chaleurs portent des noms anglais ou d'origine anglaise comme par ex. Carleton, New Richmond.



Cette partie de la Gaspésie ne présente pour nous pas beaucoup d'intérêt, elle est surtout connue pour ses stations balnéaires, qui à cette époque de l'année ressemblent un peu à des villes fantomes. A part une halte au mont Saint-Joseph (mais pas jusqu'au panorama qui est payant...) qui surplombe Carleton-sur-Mer, nous traçons tout droit en direction de Percé, notre destination du jour.


Percé est un ancien village de pêcheur connu dans tout le Québec pour le rocher du même nom et l'île Bonaventure.
Notre gîte pour les 2 nuits à venir, La Rêvasse, est une maison des années 30 très bien retapée par nos hôtes Brenda et William, un couple fort sympathique, surtout la drôle et pétillante Brenda.

En soirée, nous allons diner dans un bistro tenu par un breton expatrié, Les Sacs à Vin. Au menu : soupe, salade de saumon fumé, galettes de morue, le tout accompagné d'une excellent bière brune du coin. Tout est très bon, très abordable et la serveuse est charmante. Une adresse à retenir !



samedi 19 septembre 2009

Descente aux enfers aux portes de la Gaspésie


Rituel matinal : petit déjeuner bon et copieux en compagnie des autres pensionnaires. Au "menu" d'aujourd'hui : 1 québécoise de Toronto ainsi que 2 françaises de retour de Gaspésie. Nos deux compatriotes, 1 mère et sa fille, sont très BCBG mais sympas. La demoiselle vit à Montréal depuis 18 mois et vient de faire découvrir les beautés gaspésiennes à sa maman. Elle a déjà bien pris l'accent et au départ nous n'étions pas sûr de ses origines :-). Après avoir bien papoté avec tout le monde, nous quittons Armande et le Gîte aux 1000 souvenirs.

Sur les bords de la 132 ouest, nous faisons étape à Rimouski, la plus grande ville de la région du Bas Saint-Laurent, afin de récupérer des infos à l'office du tourisme et faire le plein de victuailles. Nous ne nous attardons pas dans cette moche métropole et tirons plein sud sur des chemins en garnotte (gravillons) en direction du Canyon des Portes de l'Enfer.



Cette réserve naturelle au bord de la rivière Rimouski est un ancien site de drave (transport des billes de bois sur la rivière). Son nom sulfureux, elle le doit à une passerelle suspendue impressionnante qui surplombe la rivière. Haute de 63 m, celle-ci est la plus haute du Québec. Souffrant tous les 2 du vertige, nous appréhendions la traversée. En fin de compte, tout s'est très bien passé, la passerelle étant suffisamment large et la vue extraordinaire valait bien une petite poussée d'adrénaline.


Après cette expérience aérienne, nous rejoignons le lit de la rivière par la Descente aux Enfers, un chemin tout en escaliers de bois, une véritable prouesse technique vu la pente ! 600 marches plus tard, retour sur le Chemin des Draveurs surplombant la rivère puis ballade à travers les sous-bois jusqu'au point de pêche à l'anguille où nous pique-niquons. A ce propos, si vous allez au Canada, n'achetez surtout pas de sandwichs dans un supermarché. Nous en sommes à notre 2e ou 3e tentative et franchement c'est toujours aussi dégueu ! On aurait mieux fait d'aller pêcher des anguilles ;-).

Repassant le Styx pour revenir dans le monde des vivants, nous roulons pendant 2 heures sur des routes en bien pitre état. Au revoir le Bas Saint-Laurent, bonjour la Gaspésie ! Cette péninsule dont le nom améridien signifie "fin des terres" est une des plus anciennes zones de colonisation française sur le continent américain. Suivant la route 132, nous allons dans les 5 jours qui viennent faire le tour de ce berceau de la Nouvelle France.
Longeant la belle vallée de la Matapédia, nous arrivons vers 17 h au Gîte du Bois Joli à la sortie de Sainte-Florence. Nos hôtes, Marcel et Esther, sont très accueillants. A peine arrivés, on nous offre de la bière et des gateaux à la mélasse faits maison. L'ambiance est chaleureuse, on a qu'une envie, s'installer ! Après cette petite collation, Marcel et Esther nous montrent notre chambre. Ils sont très bavards et bien marrants. Nous avons droit à une description détaillée du système de chauffage et de la bonne longueur des bûches, mètre en main !

A soir, souper au restaurant Saint-Jacques à Causapscal, la ville d'importance la plus proche du gîte. Nous avions l'intention de prendre des plats de poisson mais vu les prix, nous préférons approndir nos connaissances des plats "bucherons" québécois. Alors que le sieur Pat reste fidèle à la poutine, je tente une galvaude. Variante de la poutine avec des petits pois, de la salade choux/carottes, c'est pas mal du tout, bien meilleur que le plat de base.



vendredi 18 septembre 2009

Fjord, absence de cétacés et dernière séance à 3 pistoles


Les effets du décalage commencent à s'estomper, ce matin je n'ai emmergé qu'à 6 h. Ce matin, notre hôtesse du gîte La Providence, Marie-Claire, est bien mieux lunée qu'hier et durant le très bon petit déjeuner, nous papotons avec elle, une de ses filles et son mari sur les différences entre le Québec et la France, l'histoire du Canada, etc...
Ils ont l'air très religieux, le monsieur s'est même signé avant de se mettre à table. En tout cas, c'est une famille nombreuse : durant le déjeuner, Marie-Claire a emmené une des ses filles, "la 6ème" selon ses dires, à l'arrêt de bus et ce n'était peut-être même pas le plus jeune de leurs enfants !

Adieu au lac Saint-Jean, bonjour le fjord du Saguenay ! Pas plus grand qu'une rivière au niveau de la berge orientale du lac Saint-Jean, il s'élargit rapidement à partir de Chicoutimi. Nous suivons la rive nord de cette trouée ondoyante pendant près de 200 km.
Bravant la froidure et le vent, nous descendons de notre auto à Sainte-Rose du Nord, un minuscule village au bord du fjord pour aller admirer la beauté brute des falaises escarpées du Saguenay. Après cette halte vivifiante, retour sur la route qui s'éloigne de la rive, devenant montagneuse et un peu monotone.

A l'heure du déjeuner, arrivée à Tadoussac, un des premiers ports de colonisation de la Nouvelle-France au 16e siècle. Point où le Saguenay se jette dans le fleuve Saint-Laurent, cette petite ville est depuis quelques années la capitale québécoise de l'exploration des baleines.
Bien que touristique, la bourgade est jolie avec une ambiance rétro. Nous déjeunons dans un café sympa à l'ambiance début du 20e siècle. Devant absolument prendre le bateau aux Escoumins (à 40 km de là) moins d'1 h plus tard, nous ne pouvons malheureusement pas nous attarder et tenter de voir quelques cétacés.

Nous allons sûrement nous rattraper durant la traversée du Saint-Laurent ! Depuis sa première apparition à Tadoussac, ce grand fleuve aux allures de mer intérieure est omniprésent. Prenant sa source dans le lac Ontario aux USA, il grandit constamment en allant vers l'est et à son embouchure atteint pas loin de 64 km de large !
Affrontant vaillamment la bise maritime, nous passons presque toute la traversée dehors à scruter l'horizon à la recherche de baleines. Malheureusement, les seuls cétacés visibles sont sur le bateau et pas dans l'eau...



 90 minutes plus tard, arrivée à 3 pistoles. Contrairement à nos attentes, il ne s'agit pas d'une métropole mais plutôt d'une petite ville assez morte. Petite pause dans notre gîte du jour, "Aux 1000 souvenirs" puis ballade-découverte de 3 pistoles. On a vite fait le tour, l'endroit est désert et un vent glacial n'engage pas à rester au dehors bien longtemps.



Nous nous réfugions dans le "restaurant" conseillé par la propriétaire du gîte, la "Cantine d'Amours". L'endroit fait penser aux "diners" américains et est plein à craquer ! Pas étonnant qu'il n'y ait personne en ville, ils sont tous à la cantine ! Les plats servis ont l'air plus consistants les uns que les autres et vu le tour de taille de nombreux clients, appréciés en masse...

Nous tentons une spécialité locale, la cipaille. Il s'agit d'une sorte de backeofe simplifié, une tourte à base de plusieurs sortes de viande et de pommes de terre. C'est bon, mais comme d'habitude les portions sont prévues pour des bucherons affamés ! Toutefois ces portions pantagrueliques ne semblent pas suffire à certains autochtones qui ont en plus commandé des hamburgers et s'en servent pour pousser leur cipaille afin de manger encore plus vite. Sans commentaire....

Il est 18h45, nous venons de finir de souper (au Québec le soir on soupe, le diner est l'équivalent de notre déjeuner et ce dernier est notre petit-déjeuner). Dehors le vent souffle à vous arracher les os et 3 pistoles est une ville morte... Ayant beaucoup de temps à tuer, nous décidons d'aller au cinéma. Ouvert uniquement 6 jours par mois, celui-ci ne passe que des films pour enfants. On air tonight : "Opération G-Force", les commandos de cochons d'inde du FBI !
Planqué dans un sous-sol, le cinéma est une véritable antiquité avec un guichet qui semble tout droit sorti des années 60. La salle n'est pas non plus de toute première jeunesse et les sièges adaptés à la clientelle de l'endroit : les enfants. A part quelques adultes qui accompagnent leur progéniture, nous sommes les seuls adultes. Ce n'est pas une séance de cinoche mais une garderie :-). Le film n'a rien d'extraordinaire, par contre les messages écrits au marqueur puis diffusés sur l'écran (films à venir, pubs locales, etc..) sont comme des ovnis venus d'un passé longtemps révolu. Ce système sert même à prévenir durant la projection les enfants qui doivent se présenter à l'accueil.
La séance est interminable, avec une entracte de 3/4h en plein milieu... Après plus de 2h mal assis et en pleine digestion de cipaille, nous sortons complètement comateux dans le froid trois pistoliens et regagnons vite nos pénates.


jeudi 17 septembre 2009

Ville fantôme, humains en cage et sous-marins à la carbonara

Communiqué de Radio Canada

Attention, attention ! Nous venons à l'instant de recevoir un message alarmant de l'OMS.
Alors que le monde entier a les yeux tournés vers la grippe H1N1, une autre menace bien plus grave encore a déjà étendu ses ailes sur le monde occidental : la mouche tsé-tsé a débarqué au Québec, dans la petite ville de Roberval. Cet insecte d'apparence anodine est porteur d'une maladie gravissime, la trypanosomiase africaine, plus couramment appelée maladie du sommeil !
Jusqu'à présent un seul individu est contaminé. Celui préfèrant garder l'anonymat, nous utiliserons donc 1 pseudonyme, Léon Laronflette. Immédiatement, un de nos reporters, l'éminent docteur Robert "Bob" Lecaribou, a été dépéché sur place. Ses réactions : "Il est 5h, heure locale. L'état du patient est stable, il dort comme un bébé, mais qu'est-ce qu'il ronfle ! Il est indiscutablement atteint de la variante bucheronne de la maladie". Dès que notre spécialiste aura du nouveau, nous vous tiendrons bien sûr au courant.

Bon, ben au moins comme ça on est fixé ! Venir au Canada et se choper la maladie du sommeil, il est trop fort le Pat ! Le décalage horaire et le sciage de bois de mon cher compagnon de chambre ont eu raison du mien de sommeil, j'en ai profité pour surfer sur le net et envoyer mon rapport à l'OMS ;-).

Vers 8h, petit déjeuner en compagnie d'un couple de français qui font 1 tour encore plus grand de l'est du Canada que nous. Après le Québec, il veulent tirer plein sud jusqu'au Nouveau Brunswick, la province d'origine des Acadiens.

Le petit déjeuner est de nouveau formidable, voire mieux qu'hier. En particulier le yahourt aux bleuets et sirop d'érable est une pure merveille. Bravo à notre hôte Michelle !
Après avoir léché le verre et les assiettes tellement c'était bon, nous tapons un peu la converse avec nos hôtes, Michelle et Lars. Ce dernier est danois d'origine mais parle bien mieux québécois que moi :-).

Nous plions ensuite bagages et prenons congés du gîte Entre 2 rivières.

Première étape de la journée, l'écomusée de Val Jalbert. Cette ville, construite au début du 20ème siècle autour d'une usine de pâte à papier, a été désertée par ses habitants en 1927 après la fermeture du seul employeur. Véritable ville fantôme pendant des décennies, le site a été restauré dans les années 70, devenant un centre touristique et éducatif. A notre arrivée sur place, le petit train de visite est déjà bondé mais ce n'est pas un mal car franchement se taper les touristes du troisième âge qui passent leur temps à chanter "Ma cabane au Canada" c'est pas notre truc !



Le plongeon dans la vie quotidienne des années 20 est très intéressant mais à notre avis la véritable attraction du site est ailleurs. Le coeur de Val Jalbert est en effet la rivière Ouiatchouan et ses chutes.

Un téléphérique construit au pied de l'ancienne usine hydroélectrique permet d'accéder à l'amont de la rivière et à une autre vallée. Contrairement à la grande majorité des touristes, nous préfèrons emprunter le sentier forestier pour nous rendre au belvédère. 752 marches plus tard, nous avons éliminé quelques poutines et profitons d'une vue extraordinaire sur le lac Saint-Jean.


Passé le belvédère, un sentier nous emmène à un autre panorama, la Chute Maligne. Le paysage est somptueux et nous bullons un instant en admirant le paysage. Malheureusement cette idylle naturelle est vite troublée par les groupes successifs de touristes et leur foutue cabane au Canada !


De retour dans la ville fantôme, nous prenons un verre sur une terrasse puis retournons à Roberval.
Après une petite promenade sur les bords du lac Saint-Jean, déjeuner au Café Yé, un bistro végétarien nous goûtons du végépaté une sorte de rillettes végétariennes à base de céréales.
L'ambiance est sympa, la bouffe très bonne, une adresse à retenir pour ceux qui veulent faire une pause entre 2 poutines ;-).

L'estomac pour 1 fois pas trop rempli, nous nous remettons en selle en direction du nord. Prochaine étape : le zoo sauvage de Saint-Félicien.
La grande particularité de ce parc animalier : ce sont les animaux qui nous regardent ! En effet, la principale attraction est une immense réserve naturelle où les animaux de la Boréalie vivent en liberté.

Nous humains, nous contentons de traverser leur territoire enfermés dans des cages montées sur un petit train. Ce concept est excellent, les animaux réagissant beaucoup plus naturellement que dans une cage ou un enclot. Le site est immense et en 3 h nous avons juste le temps d'en voir env. 60%.

Des nounours et autres orignaux plein les mirettes, nous remontons dans la crotte Suzuki pour notre destination finale, Dolbeau-Mistassini.

Je sens que cette ville ne va pas nous laisser un souvenir impérissable. Bien que ne comptant que 15 000 habitant, elle semble s'étendre sur des kilomètres  et ne possède pas de véritable centre. Notre gîte, La Providence, se trouve à quelques km de cette charmante bourgade. Arrivés sur place, nous sommes accueillis par une dame interloquée qui ne souvient pas de notre réservation... Fort heureusement il s'agissait d'une erreur de sa part, elle pensait que nous ne venions que le lendemain. Dans tous les cas, l'accueil est plus que froid, on a l'impression de déranger. Elle nous montre la chambre, minuscule, puis se barre... Quel changement par rapport aux 2 premiers gîtes ! Pour couronner le tout, en passant sous la douche je remarque une odeur suscepte : l'eau est sulfureuse.... On a l'impression de se doucher en compagnie d'une boule puante !

En soirée, nous allons diner dans Dolbeau la magnifique. Ne souhaitant pas nous étouffer avec une nouvelle poutine, nous tentons une nouvelle crèmerie, la chaîne Mikes. Malgré le nom bien ricain, il s'agit d'un fastfood italien. Au menu, des sous-marins, sortes de sandwichs chauds remplis à rabord de nourriture. C'est pas mauvais mais comme d'habitude les portions sont pantagrueliques. Gavés jusqu'aux dents, nous rentrons au gîte.




mercredi 16 septembre 2009

En route pour le Lac Saint-Jean

4 h du mat, j'ai des frissons, je claque des dents et je monte le son... Contrairement à la chanson, je ne claque pas des dents, bien au contraire. Chez Yvon et Sylvie on est très bien mais qu'est-ce qu'il fait chaud ! Pour le reste, tout est vrai : dès 4 h, décalage horaire oblige, nous sommes complètement réveillés et les draps sont bien froissés :-).

Vers 7 h, la tête dans le cul mais les yeux grand ouverts, nous allons faire 1 tour autour du gîte. L'endroit est vraiment reculé, mais c'est justement cette atmosphère du bout du monde qui nous fascine. Quelques photos plus tard et l'estomac dans les talons, nous rentrons pour le petit déj'.



Dans une immense cuisine/salle à manger, nous savourons 1 petit déjeuner à la fois copieux et délicieux en compagnie des autres clients du gîte. Au menu : oeufs miroir (= sur le plat) et tournés, accompagnés de baggle, rôties (toast) et d'une succulente confiture de fraise.
Tout en mangeant, nous discutons avec les autres voyageurs, un groupe de français qui revient d'un trip de pêche dans le grand nord du Québec. Afin d'atteindre leur pourvoirie (réserve de chasse et de pêche organisée et contrôlée), ils ont dû prendre un hydravion ! A partir d'une certaine latitude, en raison de la géographie, du climat et de la faible densité de population, aucune route n'existe et l'hydravion et le bateau sont les seuls moyens de transport.

9h30, après une séance photo avec le sieur Yvon, départ pour le grand nord. Courte hâlte à Ste-Tite. De jour, le festival western est décevant : des souvenirs kitchs (chapeau de cowboy rose...), des stands des sociétés du coin qui présentent tout et n'importe quoi (tracteurs, salles de bain, systèmes de sécurite, etc...)et beaucoup de bouffe bien grasse. Les rodéos et les concerts n'ont lieu qu'en soirée et sont déjà overbookés depuis des semaines. Dommage :-(. Seule chose intéressante, les maisons décorées et autres délires far west.




Nous quittons rapidement cette bourgade et ses doux fumets de purin et de friture pour prendre la route de La Tuque, prochaine étape avant le lac Saint-Jean. Des payasages magnifiques de forêts de de lacs bordent la 155 nord.



Juste avant La Tuque, nous découvrons par hasard 1 un petit parc naturel, le "Parc des chutes de la petite rivière Bostonnais". L'occasion de faire 1 pause et d'immortaliser nos têtes de vainqueurs !





Le site est très sympa avec une belle vue sur la rivière Saint-Maurice du haut d'une tour d'observation tout en bois.



Seul petit bémol : une odeur infecte omniprésente ici comme dans tout le coin, vraisemblablement due à une usine de traitement du papier.


Après La Tuque et un pont couvert sans grand intérêt, nous faisons notre BA de la journée : nous prenons 1 pouceux (auto-stoppeur) qui souhaite se rendre au lac Saint-Jean. Le mec est bien dans la merde : comptable de formation il n'a plus de revenus depuis 2 mois, sa blonde (petite copine) l'a quitté, il n'a plus de permis et depuis il voyage sur le pouce. De retour de la Côte Nord (rive nord du fleuve Saint-Laurent), il va tenter sa chance au lac Saint-Jean.

Arrivés à Chambord sur les bords du lac Saint-Jean, notre route et celle du pouceux se séparèrent. Nous continuons en direction de Roberval, notre destination du jour.
Le lac Saint-Jean est énorme, le 3ème plus grand lac du Québec. Il s'agit d'un lieu de villégatiure très apprécié des citadins de Montréal et Québec, aussi station balnéaire que de sports d'hiver. En été, il est le cadre d'une plus grandes compétitions de nage d'endurance au monde, la Traversée Internationale du Lac Saint-Jean. Cette traversée, longue de 32 km est le kick ultime pour les frapadingues de la nage en eau douce qui atteignent l'autre rive après en moyenne 8 h. Les plus fous d'entre eux repartent alors à leur point de départ, en tout 64 km à la nage...

Notre B&B du jour, le "Gîte entre 2 rivières", est bien, nos hôtes très accueillants. Après une petite pause, diner au "Château Roberval", à priori le seul resto correct du coin. De château il ne porte que le nom, il s'agit d'une grande bâtisse moderne en briques rouge, sans aucun cachet et dont le hall pue le chlore à cause de la piscine qui se trouve en son centre. Pour la 1ère fois depuis notre arrivée, la cuisine n'est pas mal du tout : filet de ouananiche (croisement entre saumon d'eau douce et truite) et steak de wapiti (cervidité proche de l'élan) suivi d'une bonne tarte aux bleuets (sorte de myrtille qui ne pousse qu'autour du lac Saint-Jean). Par contre la note est bien salée et fait mal au budget.