samedi 12 avril 2014

Poissons, cerisiers, joujoux, cacahouètes et marche à pied


Après quelques ballades intéressantes mais sans grand intérêt narratif et quelques journées studieuses (il faut bien bosser un peu de temps à autre ;-)), je reprends la plume pour vous raconter une nouvelle longue journée dans Osaka.
Aujourd'hui, départ vers 8 heures pour le marché au poisson de Daikokucho. Ce marché, un peu semblable aux halles de Rungis ou de Lyon, reste ouvert deux fois par mois jusqu'à midi, ce qui permet au grand public de profiter un peu des produits habituellement réservés aux professionnels de la gastronomie ou aux lève-tôts (l'heure de fermeture habituelle est à 9 h).
Thon, dorade, langouste, oursins, crabes, coquillages en tous genres, ainsi que des légumes frais, marinés et de nombreuses racines, comme par ex. du wasabi frais, le choix est exhaustif. Nous flanons dans les allées, nous retenant d'acheter trop de produits frais, vu que nous n'allons rentrer à la maison que tard le soir et que nous risquerions alors de sentir comme Ordralphabetix, le poissonnier grincheux du village des irréductibles gaulois ;-).
Après avoir contemplé les richesses des océans, il est temps de les déguster, j'ai faim ! De nombreux petits restos autour des halles invitent à venir savourer les produits de la mer. Nous choisissons un endroit spécialisé dans les Kabayaki, un plat à base d'anguille, véritable délicatesse de la cuisine nippone. Ca n'est pas donné (12€ pour une petite portion), mais franchement c'est un de mes plats préférés. Il faut dire que cela n'a rien à voir avec les anguilles que l'on trouve en Europe. Elles sont beaucoup plus petites et servies après une préparation longue et compliquée. Le résultat est tout simplement fabuleux, ca fond dans la bouche avec un léger goût de fumé, miam !


Rassasiés et heureux, nous reprenons le métro en direction du nord, pour l'arrêt de Tenmabashi, où j'ai déjà pû admirer les cerisiers en fleur la semaine dernière. Notre destination du jour est également à proximité des berges du fleuve Ogawa, mais dans un endroit habituellement inaccessible au public, le jardin de l'hôtel de la monnaie d'Osaka, Tôrinuke.

Ce petit jardin (350 arbres) est réputé car il abrite plus de 130 variétés de cerisiers provenant de toutes les régions du Japon, certaines très rares, aux fleurs présentant des coloris inhabituels tels que le vert ou le jaune. Le jardin Tôrinuke n'est ouvert au public qu'une semaine par an, il y a donc foule... Des centaines de japonais, chinois, coréens ainsi que de nombreux européens/américains sont venus pour profiter de la floraison de ces arbres d'exception. Il y a un sens de visite et on entend en permanence par mégaphone la police invitant à avancer afin de permettre au flux humain d'avancer... Malgré la cohue, nous pouvons bien profiter de l'endroit et  admirer des fleurs assez différentes de ce que j'ai vu jusqu'à présent, formant des "amas" et ressemblant un peu à des roses ou des hortensias. Sur les berges du fleuve Ogawa, la floraison est quasiment terminée mais dans ce jardin, ce n'est pas le cas, les arbres ayant un cycle beaucoup plus tardif.
Ensuite, nous fuyons la foule pour aller reprendre le métro à Kyobashi, à 20 minutes de marche du jardin.
Notre prochaine étape, le quartier de Matsuyamachi, où je suis déjà allé avec ma copine Tomoko la semaine dernière. Je voulais absolument montrer à Kumiko les magasins de jouets et tout comme moi elle est enchantée et nous trouvons à nouveau plein de bricoles inutiles mais qui feront prochainement le bonheur de Louis, Juline, Yanis et Thais, sans oublier de la petite Kumiko ;-).


Après ce petit retour en enfance, nous reprenons le métro pour le plein centre d'Osaka, le quartier de Nanba. D'habitude, j'évite d'y aller car c'est toujours blindé de monde et très touristique. Mais quand on quitte les rues principales, surtout la galerie marchande de Shinsaibashi et Dotonbori, on découvre encore des rues à l'atmosphère authentique, pas encore perverties par le tourisme de masse ou les monstres architecturaux du Japon moderne.

Fourbus par les kilomètres parcourus à pied depuis ce matin, nous nous posons dans un café vieillot mais bien agréable et dégustons un petit jus avec des cacahouètes en lisant des mangas ;-).
Requinqués par la caféine et l'arachide, nous sommes de nouveau prêts à affronter la foule dans les rues d'Osaka :-).

Nous nous balladons assez longtemps dans Nanba où les petites rues viellotes alternent avec des énormes bâtiments au style improbable, presque surréaliste. Vers 18 heures, nous nous rendons en métro à Tengachaya, la dernière étape de cette journée marathon. Nous dinons à Ten, notre Isakaya préférée, en compagnie des habitués que nous connaissons bien. Comme d'habitude, tout est délicieux et l'atmosphère de l'endroit toujours aussi agréable. Si notre planing le permet, je vais essayer d'y retourner avec mes parents à la fin de leur voyage.
A 22h30, nous sommes enfin à la maison, exténués, mais satisfaits de notre journée. Allez, une bonne douche et au dodo !

samedi 5 avril 2014

Le bonheur des grands enfants

Aujourd'hui la petite Kumiko, 5 ans 1/2 est très heureuse. Elle part visiter le musée des transports d'Osaka et va pouvoir monter dans une vrai locomotive ! Elle adore les trains et quand elle sera grande, elle sera conducteur de locomotive à vapeur !
Il est 9h30, le musée n'est pas encore ouvert, mais déjà beaucoup de gens font la queue dehors. Ce week-end, c'est la toute dernière occasion pour aller visiter cette vénérable institution (qui existe depuis 52 ans), car il va fermer définitivement ses portes et n'existera plus, à partir de 2016, que fusionné avec le musée de Kyoto.  Je n'étais pas très chaud pour aller visiter ce genre d'endroit, car contrairement à la "petite Kumiko", je ne suis pas franchement accro aux trains, mais au final ce musée s'avère très intéressant, avec non seulement beaucoup de trains mais également des avions et des voitures. C'est bien dommage qu'il ferme !

A midi, nous achetons dans un wagon restaurant  des eki-ben (l'équivalent nippon du sandwich SNCF mais bien bien meilleur !). Comme le reste du musée, ce wagon est bondé et nous devons aller ailleurs pour déjeuner. J'ai pris du tako-meshi (riz avec des morceaux de poulpe cuits et des légumes dans le genre épinard) et Kumiko un bento plus classique. En fait, le contenu n'était pas très important, Kumiko voulait surtout les acheter car il s'agit d'éditions "collector", spécialement fabriqués pour la fermeture du musée, avec des emballages spéciaux. Et franchement, pour le prix (chacun 1.000Yen, soit 7€), tout est vraiment très bon, presque de la qualité d'un petit resto !


Vers 13h30, nous quittons le musée des transports à l'entrée duquel le flux de visiteurs est toujours aussi important. Nous nous rendons ensuite à proximité de Nipponbashi, en plein centre d'Osaka, dans le quartier de l'électronique, "Den-Den-Town" (littéralement, la ville de l'électricité), pour aller m'acheter un rasoir électrique et voir les ordinateurs. 


Arrivé sur place, je me rends compte que ce quartier regorge non seulement de magasins d'électronique en tous genres mais est également le paradis des Otaku (fans de mangas, dessins animés et jeux vidéos nippons) avec pleins de magasins spécialisés dans la vente de figurines et autres produits dérivés. Je suis aux anges et ce coup-ci c'est moi qui ait de nouveau 5 ans 1/2, âge auquel j'ai découvert pour la première fois les dessins animés japonais sur Antenne 2 et FR3 ! 

A l'intérieur, c'est du bonheur à l'état pur ! Des étagères remplies jusqu'au plafond de figurines de toutes les séries connues en Europe et d'autres jamais exportées. Au détour d'un couloir, je manque de faire une syncope : dans une vitrine se trouvent deux Goldorak de 20-25 cm, un seul, l'autre dans sa sa soucoupe. Je me précipite vers un vendeur pour demander combien ils coûtent, mais il s'agit malheureusement de modèles d'exposition qui ne sont pas à vendre :-(. Par contre, il a en stock deux coffrets Goldorak avec soucoupe plus Alcorac et Venusiac ! C'est encore mieux !!! Chaque coffret coûte 18.000Yen (env. 130€). Je n'ai pas suffisamment d'argent sur moi et c'est une belle somme, mais bon on ne vit qu'une fois ! Je vais sûrement revenir très bientôt pour acquérir cette perle rare (pour un petit garcon des années 70 ;-)).
Nous passons plus d'une heure dans les magasins de ce quartier et au final ne ressortons pas complètement les mains vides : nous achetons des figurines de la série "Lupin the 3rd" (Edgar la cambriole en francais) pas chères du tout, en tout nous ne dépensons qu'env. 15€ !


Par contre, je n'ai pas encore de rasoir électrique :-). On continue donc notre ballade dans le quartier, cette fois-ci en résistant à la tentation des boutiques de figurines et trouvons enfin mon accessoire de rasage.
Ensuite, petit passage à Tamatsukuri, un autre arrêt sur la même ligne de métro, mais qui ne présente pas grand intérêt, à par peut-être le petit resto où nous nous régalons d'Inari-Sushi, d'Ohagi et d'un plat d'Udon au boeuf. C'est sur ce petit a parte culinaire que se termine cette belle journée !



jeudi 3 avril 2014

Toujours des cerisiers, la béatitude du curry et Fukusuke le samourai

Aujourd'hui, lever aux aurores (7h30), une grande journée m'attend.
Première étape, les environs de Temmabashi, un des endroits d'Osaka les plus réputés pour ses cerisiers.
Vers 10h, je suis enfin sur place. En sortant du métro, je suis un peu décu, je me trouve dans un quartier d'affaires banal, sans rien de particulier... Mais 5 minutes plus tard, ayant trouvé le fleuve Okawa, je change vite d'avis : à perte de vue, les deux berges du fleuve sont bordées d'un tapis de fleurs blanches. Sur plus de 4 km, près de 5000 cerisiers invitent à découvrir les beautés du printemps.


Profitant du temps radieux, de nombreux promeneurs flanent tout comme moi le long du fleuve ou bien se sont installés sous les arbres et admirent la floraison en buvant du thé. Même si à l'origine, ceci était vraiment Hanami, la contemplation de la floraison des cerisiers en famille/entre amis, à des heures plus tardives, ces groupes affables seront remplacés par des hordes de fétars en état d'ébriété.

Une heure et de nombreuses photos et impressions florales plus tard, je quitte le fleuve Ogawa au niveau de la station Sakuranomiya (le palais des cerisiers en fleur) pour me rendre à Kishinosato, une station de métro dans le sud d'Osaka, près de Tengachaya où je vais rejoindre une copine japonaise pour le déjeuner.
J'ai rencontré cette fille, du nom de Tomoko, durant le voyage de retour en janvier 2013. Elle était assise à côté de moi dans l'avion, en compagnie de sa mère. On a bien sympathisé, beaucoup parlé et bien bu (la demoiselle passait son temps à m'approvisionner en bière) et j'ai même eu l'impression que je ne lui étais pas indifférent ;-). Ce badinage est toutefois resté bien innocent, Kumiko n'a pas de soucis à se faire :-).
Nous avons échangé nos adresses email et sommes depuis restés en contact.
Nous nous retrouvons dans un petit resto spécialisé dans les plats de curry nippon, endroit que Kumiko a trouvé via Internet. L'endroit ne paie pas de mine mais ce n'est pas ce qui compte ! Nous prenons le plat du jour, un Katsu-Kare (escalope viennoise de porc à la sauce curry) avec des oeufs de caille panés. La viande est super tendre avec une panure très croustillante, le curry bien épicé et les oeufs succulents ! C'est clair que je vais revenir y manger avec Kumiko ;-).

Après cet excellent repas, nous reprenons le métro en direction du nord. Notre prochaine halte, un vieux café qui fait d'excellents Donuts à proximité de Honmachi. J'y suis déjà allé une fois avec Kumiko et avais beaucoup aimé l'atmosphère rétro, sans parler du café et des beignets ;-).


Au moment de payer, je tape la converse avec le propriétaire qui parle un peu d'anglais et de francais. Il me demande alors si je veux voir son "trésor". Je pensais qu'il allait me montrer un petit autel boudhiste (chose que de nombreux japonais ont dans leur maison), mais il amène une grosse valise et en sort une armure complète de samourai et me demande si je veux bien la mettre ! Aidé par Tomoko et la femme du propriétaire (ce dernier devant quand même un peu s'occuper des clients ;-)), j'enfile tant bien que mal tous les éléments de l'armure. Outre le fait que je crève de chaud, c'est super lourd, l'ensemble pèse pas moins de 20 kg ! Le propriétaire participe tous les ans au mois de juillet à une fête où près de 250 personnes en costumes d'époque (pas seulement des samourais mais aussi des valets, des femmes en kimono et des enfants) défilent dans les rues du quartier.

Après la séance photo obligatoire, le propriétaire me montre également le katana qui va avec l'armure. Celui-ci est vieux de 400 ans et à l'époque a dû servir dans de nombreux combats vu que la face intérieure de la lame est usée à force d'avoir été affutée. Encore un souvenir inoubliable qui fait que j'adore voyager !

Laissant le marchand de café-samourai dans son échope, nous nous rendons à Machamachiya, un quartier que je ne connais pas encore où se trouvent de nombreux marchands de jouets en gros. Dans une grande avenue sans charme particulier, ces magasins alternent avec des vendeurs de reliques pour les jours des enfants, fêtés le 3 mars pour les filles (elles recoivent une poupée appelée Ohinasama) et le 5 mai pour les garcons (qui recoivent une espèce de caque de samourai appelé Sekku).
Plus que les reliques, je trouve les magasins de jouets très intéressants et franchement pas chers : je trouve des bricoles pour les enfants de ma soeur et ceux de Patrice pour en tout 2,5€ !


Nous flanons dans les boutiques de jouets jusqu'à 18h puis reprenons le métro jusqu'à Kyô-Bashi où nous allons diner dans un Isakaya (sorte de bar à tapas nippon). En tout, nous dégustons 8 ou 9 petits plats en buvant de la bière et du Chu-Hi (cocktail à base d'alcool de riz et de sirop). Un de mes préférés, Tsukune, des boulettes de poulet super tendres, servies avec un oeuf cru et des appétits. Miam !


Vers 20h30, il est temps de prendre le chemin du retour vu que j'ai 90 minutes de trajet jusqu'à Izumigaoka ! A 22h, je suis enfin à la maison, bien cassé, mais très satisfait de ma journée, intéressante et riche en évènements inattendus.

mercredi 2 avril 2014

Du repos, encore des cerisiers et du baseball

Après 10h de sommeil, je suis frais comme un gardon.
Petit déjeuner tranquilou, puis promenade en direction de Toga-Mikita.
A proximité de la station de RER s'étend un grand parc plein de cerisiers en fleur (pas de photos aujourd'hui, on a oublié de recharger la batterie de l'appareil...).
J'ai beau déjà avoir vu de nombreuses fois ce spectacle printannier, je suis tout de même fasciné à chaque fois par la beauté de ces fleurs. En y regardant bien, on trouve dans tous les quartiers d'Osaka des cerisiers, même au bord des routes, ainsi tout le monde peut en profiter, pas seulement les étrangers en vacances ;-).
En début d'après-midi, nous rentrons à la maison pour ne pas manquer l'évènement de la journée (tout au moins pour Kumiko), la finale du tournoi de baseball des lycéens, le Koshi-En (que j'ai déjà eu la chance de voir en live en 2011). Cette année, grâce à Internet, Kumiko a pu suivre 80% du tournoi depuis l'Allemagne, elle était même en train de regarder un match 5 minutes avant l'arrivée du taxi avant-hier !
Nous regardons ensemble la finale qui oppose Osaka à Kyoto en nous goinfrant d'Okaki (gâteaux apéritifs nippons). Le match est assez serré et s'avère très intéressant. L'année prochaine, nous y assisterons à nouveau dans le stade, c'est encore bien mieux !
Sinon, rien de spécial à raconter, 1 petit Skype avec les parents en soirée puis dodo vers minuit.

mardi 1 avril 2014

Ménage de printemps, vol finlandais et premiers cerisiers


Plus d'un an s'est écoulé depuis la dernière entrée, il est temps de dépoussiérer un peu le blog !
Un nouveau voyage a commencé. 5 semaines durant, je vais vous faire partager mes impressions, raconter mes péripéties et vous offrir les meilleurs moments de ce neuvième séjour au Japon.

Pour des raisons pécunières (300€ de différence...), nous avons cette fois-ci décidé de faire le voyage avec la compagnie finlandaise Finnair.
08h15 (GMT+2), départ en taxi de Schmitten.
11h45 (GMT+2), décollage de Francfort. Après 2h 1/2 de vol (petit avion, sandwich dégueu...), nous avons passé quelques heures en transit à l'aéroport d'Helsinki. J'aime bien cet aéroport, il est à taille humaine pas comme le monstre Francfort et dans les magasins Duty Free on y trouve plein de produits finlandais marrants et surtout des dizaines de sortes de réglisse, la sucrerie de prédilection des finnois.
17h20 (GMT+3), départ pour Osaka, un peu plus de 9h de vol. Trajet sans histoire, diner moyen, pas de dodo et beaucoup de films ! Je me suis maté trois long métrages : Pacific Rim (mélange de Godzilla et de Goldorak à la sauce ricaine mais très bien fait avec une véritable histoire, c'est pas du grand art mais super jouissif !), Man of Steel (rebook de la franchise Superman, pas mal du tout, l'histoire m'a bien plu malgré quelques longueurs sur la fin) et enfin Dark Shadows (comédie de Tim Burton avec Johny Depp, sur un vampire qui est déterré en 1972 après près de 150 ans dans son cercueil ; même si le film n'est pas hilarant, j'ai bien aimé, l'ambiance m'a plu et le côté années 70 est bien rendu).
08h50 (GMT+9), arrivée à KIX, l'aéroport d'Osaka. Une fois les formalités expédiées, nous récupérons les nouvelles brochures touristiques puis prenons le bus pour Izumigaoka.
11h30 (GMT+9) (4h30 GMT+2), enfin arrivés à destination, nous nous posons chez la maman de Kumiko et dégustons un délicieux oden (ragout nippon). Ensuite, petite balade dans le parc à proximité de la maison pour admirer les cerisiers en fleur (la floraison vient juste de commencer).
22h00 (GMT+9), extinction des feux, je plonge dans un sommeil sans rêve.

samedi 12 janvier 2013

Révolutionnaires, saké, les chevaliers du zodiaque et les joies du karaoké

Ce voyage a commencé par une leçon d'histoire et c'est avec une autre histoire qu'il touche à sa fin.
Au milieu du 19ème siècle, le Japon est forcé par la marine américaine de s'ouvrir sur l'occident. Le gouvernement de l'époque, appelé shogunat, sort affaibli de cet évènement et des courants politiques prônant le retour de l'empereur à la tête de l'état virent le jour. Cette période troublée appelée Bakumatsu dura de 1853 à 1868.
Un des acteurs principaux de la chute du shogunat mais aussi de la modernisation du Japon est Sakamoto Ryôma. Ce samouraï originaire de Kochi, dans l'île de Shikoku, fut tour à tour marchand, révolutionnaire et médiateur. Une série TV diffusée en 2010, Ryôma Den, retrace la vie et l'oeuvre de ce visionnaire, quasiment inconnu en occident.


Ce préambule historique était nécessaire car la première étape de ma journée d'aujourd'hui est l'auberge de Teradaya, à Fushimi dans le sud de Kyoto, qui fut témoin de 2 évènements clés de la révolution nippone. En 1862, des adeptes du mouvement Sonnô-Jôi ("révère l'empereur, repousse les barbares") y furent liquidés par la police secrète du shogunat. Ce mouvement patriotique était très en vogue dans la caste samouraï, surtout dans les provinces rebelles du sud de Tosa (d'où est originaire Sakamoto Ryôma) et de Satsuma (dans l'île de Kyushu). Ryôma en fit partie pendant quelques années. L'auberge de Teradaya appartenait au fief de Satsuma et Ryôma y logeait à chaque fois qu'il venait à Kyoto. En 1866, Ryôma échappa de justesse à une tentative d'assassinat dans cette même auberge.
Teradaya existe encore aujourd'hui et il est même possible d'y séjourner !
Je passe une bonne heure dans ce lieu chargé d'histoire avant de poursuivre ma ballade-découverte du quartier de Fushimi. Cet endroit est assez méconnu des touristes, qui se contentent d'aller visiter le site de Fushimi-Inari (où je vais me rendre cet après-midi) et encore, quand les nombreuses attractions touristiques du centre de Kyoto leur en laissent le temps. Ayant déjà passé 3 jours à Kyoto lors de mon précédent voyage, je peux aujourd'hui consacrer tout mon temps à Fushimi.
Ce quartier regorge de trésors cachés, mélange idéal entre temples et autres lieux touristiques et vie quotidienne mais traditionnelle nippone. Vu la taille de Fushimi, env. 5 km², je décide de ne pas m'arrêter pour déjeuner et achète des snacks dans une vieille boulangerie et une boucherie sympa où la propriétaire fait beaucoup d'efforts pour me parler en anglais et me décrit tout le contenu du magasin alors que je voulais juste des croquettes de pommes de terre...


Pour le japonais moyen, quand on lui parle de Fushimi, il pense tout de suite saké ! En effet, ce quartier, situé à l’extrémité sud de l'agglomération de Kyoto, est très réputé pour ses fabricants de saké, encore fort nombreux aujourd'hui. Quelques semaines avant notre départ, nous avons par hasard vu sur NHK World (l'équivalent nippon de TV5) un reportage sur un des plus vieux fabricants de saké de Fushimi, la brasserie Shotoku. Cette société sort de l'ordinaire à plusieurs points de vue : le chef brasseur est une femme et celle-ci a conçu dernièrement des bouteilles de saké au design très moderne, une bouteille différente pour chaque saison.
Je me rends sur place, achète le saké collection hiver 2012 et au culot demande si je peux rencontrer "madame le designer-brasseur". On me la présente et j'ai droit à une visite guidée de l'établissement pour moi tout seul ! C'est très intéressant, même si les termes techniques nippons de la production du saké m'échappent un peu. Fort heureusement, j'appelle mon cher téléphone Nokia à la rescousse et enregistre une bonne partie des explications. La miss Kumiko se fera un plaisir de tout me traduire :-).

Après cette visite très instructive, je continue en direction du nord-ouest jusqu'au temple de Jonangu, un site peu connu mais immense avec de très belles fresques. J'en profite pour engloutir mon déjeuner. La marche, ça donne faim !
Ca fait 3 heures que je suis à Fushimi, j'ai déjà fait plus de 5 km et n'ai même pas vu la moitié des attractions touristiques. Il va falloir que je change un peu mes plans, ça ne va pas être possible de tout faire à pied...
Je regarde le plan et repars plein est jusqu'à la gare la plus proche, Sumizome. Sur la carte, ça n'avait pas l'air d'être si loin, mais au final je marche pendant 3/4 d'heure...

Fort heureusement, le trajet est agréable et en chemin je découvre un très beau temple, même pas indiqué dans mon guide touristique ! Arrivé à Sumizome, je prends le train pour 3 stations, jusqu'à Fushimi-Inari. Sur place, je suis loin d'être tout seul, c'est la cohue ! On est samedi, début janvier, il doit encore y avoir une fête religieuse...
Ce site, dont le nom exact est Fushimi Inari-Taisha est un sanctuaire dédié aux Inari, la divinité shinto de l'agriculture, représentée par un renard. L'endroit est surtout connu pour ses Torii, les portes qui marquent l'entrée d'un sanctuaire shinto. D'habitude, on trouve une Torii à l'entrée c'est tout. Mais à Fushimi-Inari, toute la montagne environnante est littéralement envahie par ces portes, le site en compte plus de 10 000 ! Depuis la place principale, blindée de monde, je pars en randonnée dans un tunnel vermillon de portes Torii.
Les véritables croyants doivent se rendre dans les 20 petits sanctuaires parsemés à travers la montagne et y prier. Non seulement le circuit est très long mais on a l'impression de gravir un seul et immense escalier ! Je suis en train de faire l'ascension du sanctuaire d'Athéna dans les chevaliers du zodiaque (clin d'oeil pour les fans de manga ;-)).


Ce site est très impressionnant, mais après 2 heures à monter et descendre la montagne sacrée, j'en ai ras les genoux de Fushimi-Inari !
Après m'être faufilé dans la jungle humaine toujours aussi dense sur la place principale du sanctuaire, je m'échappe de cette marée humaine.


Je veux reprendre le train à Fujinomori, 2 stations plus au sud et repartir pour Osaka. En chemin, je visite quelques temples, dont un au jardin très intéressant avec pas loin d'une cinquantaine de statues de bouddha en pierre aux mimiques bien marrantes.
Quand j'arrive enfin à Fujinomori, je suis complètement cassé et un café juste à côté de la gare est le bienvenue pour faire une petite pause avant de prendre le train. Il est 16h30 et je n'avais pas l'intention de manger, mais une délicieuse odeur de curry me chatouillant les narines, je ne résiste pas et commande un Katsu-Kare-Teishoku (formule curry-escalope pannée) qui s'avère être excellent !


Ayant un peu rechargé les batteries, je repars en train pour Osaka, plus précisément pour Tengachaya, mon quartier fétiche ! Chez Ten, mon Izakaya (bar-resto) de prédilection, je retrouve les habitués de l'endroit, dont Deguchi-San, un japonais très intéressant qui travaille à Sakai chez un fabricant de vélos, une des industries phares de la ville. Après avoir bien mangé et bien bu chez Ten, nous allons
dans un bar-karaoké. D'habitude, je suis pas très fan de ce genre d'endroit, mais celui-ci est sympa, avec une ambiance "cosy". Après quelques verres, je rentre accompagné par le japonais qui chante dans la vidéo ci-dessous. Il était censé me ramener mais au final il est tellement beurré que c'est moi qui le mets dans son train ;-).


mercredi 9 janvier 2013

Honshu nous revoilà et Minô la belle


Une silhouette métallique qui couvre l'horizon et un ciel aux teintes rouges-orangées, c'est le spectacle que nous avons la chance d'admirer du pont supérieur du ferry City Line. Cet ouvrage gigantesque relie Awajishima à Honshu, l'île principale de l'archipel nippon.
8h30, débarquement au port d'Osaka. Nous passons à la gare d'Umeda pour déposer nos sacs dans une consigne puis repartons une nouvelle fois sur le réseau ferroviaire Hankyu. Pour commencer, nous retournons à Minô. Cette fois-ci nous y arrivons tôt (10 heures) et allons pouvoir explorer à loisir ce merveilleux endroit, sous un ciel radieux !

Le sentier qui longe la rivière en contrebas pendant env. 3 km est le chemin habituellement emprunté par les touristes. Mais Minô a beaucoup plus à offrir aux amateurs de nature. Toute la montagne est en effet sillonnée de chemins et une exploration complète du site prendrait 1 très grande journée voire plus. Nous nous baladons sur plusieurs des sentiers côté montagne avant de rejoindre le chemin principal le long de la rivière.
En fond de vallée, une très belle chute d'eau marque la fin du circuit. Elle n'est pas forcément très haute mais s'intègre parfaitement dans le paysage. Nous déjeunons en admirant la vue avant de repartir en empruntant le chemin de l'autre rive. Ce côté là est encore sauvage et surtout nous y sommes les seuls touristes car s'il on en croit les panneaux d'avertissement ce sentier est dangereux. En fait, le seul "danger" est que les barrières qui nous séparent de la rivière ne sont pas présentes partout. Mon dieu, j'ai peur ;-) !

Depuis cette rive, nous pouvons voir plusieurs anciennes ryokan (hôtel traditionnel) bâties directement au bord de l'eau. Elles auraient besoin d'un sérieux coup de peinture mais le cadre est tout de même exceptionnel ! Un peu plus loin, nous tombons sur une vieille maison transformée en un musée-bibliothèque et sponsorisée par le patron d'une des plus grandes chaînes de sushis du Japon.
Un monsieur en train de s'occuper du jardin nous aborde et commence à raconter à Kumiko à quoi sert ce bâtiment. Il est super bavard et au final nous allons rester y plus d'une heure ! Mais bon, l'endroit est intéressant, avec entre autres de nombreuses calligraphies de toute beauté. Pendant que Kumiko écoute patiemment le monsieur papoter, je me ballade et fais des photos :-).
Ensuite, visite d'un beau temple le long de la rivière puis retour à la gare de Minô.

Juste à côté des rails, on y trouve un petit magasin qui permet de prendre des bains de pieds. C'est bien marrant de lire le journal les pieds dans l'eau ;-). Les petons bien relaxés, nous reprenons le train en direction du sud, jusqu'à l'arrêt Juso, un vieux quartier que Kumiko a toujours voulu visiter. Près de la gare, nous mangeons dans un snack un succulent plat d'Udon (pâtes très larges à base de farine de blé) faisons un tour dans un temple afin d'assister à la fête religieuse consacrée à Ebisu, la divinité shinto de la prospérité.
Après avoir prié pour devenir plein de thunes en 2013, nous nous promenons dans ce quartier très animé et plein de magasins traditionnels, dont un marchand de sucreries nippones qui semble être resté figé dans les années 50.