mercredi 19 décembre 2012

Un tram, des temples, un tram, des huitres, un tram, des bains

Comme le titre l'indique, aujourd'hui les tramways seront omniprésents. Dans les années 60, les japonais, tout comme de nombreux pays européens, ont petit à petit supprimé les lignes de tram afin de faire de la place pour la reine automobile. Alors qu'en Europe les trams connaissent depuis peu une renaissance, au Japon ce n'est pas le cas, ils ont quasiment disparu du paysage urbain. Toutefois, entre Osaka et la ville voisine de Sakai, tout comme le village d'Astérix, deux lignes de tram résistent encore et toujours à l'envahisseur automobile.
Nous avons pris un billet à la journée et allons explorer les petits trésors, cachés ou non, le long des lignes de tram. Pour commencer, nous nous sommes rendus à Sumiyo Taisha, un des plus anciens sites du shintoisme, les bâtiments les plus anciens ayant plus de 1400 ans ! J'ai déjà visité ce site lors d'un de mes précédents voyages, mais c'est toujours aussi impressionant.


Prochain arrêt : Tengachaia. J'aime beaucoup ce quartier plein de vieilles maisons et de galeries marchandes d'un autre temps, avant l'arrivée des salles de jeux et autres magasins ouverts 24h/24.

Dans une des galeries marchandes, nous découvrons 1 petit resto très sympa et très bon, le Taro-Fuku. Les plats sont succulents et abordables, l'ambiance vieillote et accueillante. Je me suis régalé de beignets d'huitre (kaki-fry) et Kumiko a pris du poulet panné (kara-age), mais rien à voir avec les nuggets du mac'do !
La panse bien remplie, nous poursuivons notre voyage sur rails.
Le tram est vraiment le moyen idéal pour visiter ce coin d'Osaka/Sakai. C'est pas cher du tout (billet à la journée : 6€), pratique (1 rame toutes les 10 min. jusqu'à minuit) et très pittoresque.

Dans la partie Sakai du réseau, nous visitons une très vieille maison qui servait d'école jusqu'au début du 20ème siècle. Un des professeurs, un moine boudhiste du nom d'Ekai Kawaguchi a fait dans les années 1900 un pélerinage jusqu'à Lhassa, au Tibet. Vu que le pays était à l'époque interdit aux étrangers, il s'y est introduit en secret en traversant tout seul une grande partie de l'himmalaya en 4 ans ! Il est le premier japonais à être allé au Tibet.

Arrivés au terminus d'une des lignes, Hamadera, nous nous promenons dans un grand parc en bordure de mer qui a abrité pendant plusieurs centaines d'années une grande palmeraie, jusqu'à l'occupation américaine. Ces derniers ayant besoin de place rasèrent purement et simplement la palmeraie et seuls quelques palmiers ont survécu au massacre. Le site est très sympa et doit être magnifique à partir du printemps. Toutefois, une raffinerie directement au bord de l'eau gâche la vue... N'ayant pas fait de photos de ce site, en voici quelques unes sur le site de la ville d'Osaka : Hamadera-Koen.
Ce terminus abrite également l'une des plus anciennes gares de toute la région.
De là, nous reprenons le tram dans l'autre sens, jusqu'au terminus Tennoji. Notre rame de tram est très intéressante, il s'agit d'un modèle spécial dédié à Fukusuke, mon surnom japonais, une sorte de dieu porte-bonheur et aussi une société originaire de Sakai qui fabrique des chaussettes. L'intérieur de la rame est décoré de nombreuses représentations de Fukusuke. J'en ai photographié quelques unes, vous les trouverez dans l'album consacré à ce voyage sur mon profil Facebook.

Bien fatigués par cette journée, nous dormons pendant presque tout le trajet de retour jusqu'à Tennoji (durée 1 heure). Arrivés sur place, nous nous mettons à la recherche de notre dernière étape de la journée, un vieux sento (centre de bains publics), pas très loin de Tennoji. Au final, "pas très loin" signifie se perdre autour de la gare, demander aux flics, reprendre 1 train de banlieue et marcher 15 min, quand nous arrivons aux bains il est 20 heures... Mais bon, l'endroit est très sympa, tout à fait ce que nous avions espéré. Durant le bain, je papote avec un vieux japonais pendant près d'une heure. Ensuite, retour aux pénates nippones, diner et dodo bien mérité !

mardi 18 décembre 2012

Les 11 samourais et le chien aux oreilles qui pendaient

Crash course d'histoire nippone avant de commencer.
Au 16ème siècle, premiers contacts prudents du Japon avec l'occident. Les commercants étrangers, essentiellement des portugais, hollandais et anglais, pouvaient accoster dans certains ports, vendre et acheter des marchandises, c'est tout.
100 ans plus tard, le shogun, craignant 1 colonisation du Japon par les missionnaires chrétiens, décida en 1633 d'isoler complètement le pays du reste du monde, ne laissant qu'un comptoir d'échanges commerciaux sur une île au large de Nagasaki. Les missionnaires furent expulsés ou bien exécutés en même temps que les japonais convertis à la religion des barbares s'ils ne partaient pas assez vite :-).
Le Japon vécut ainsi en autarcie pendant plus de 200 ans, jusqu'en 1853, date à laquelle la marine américaine obligeat le gouvernement nippon à ouvrir tous ses ports au commerce. Ceci fut le début de la fin du shogunat.


L'histoire des 11 samourais peut à présent commencer. En 1867, un navire de guerre francais pénétra sans autorisation dans le port de Sakai, au sud d'Osaka. Les japonais, considérant ceci comme 1 agression, se défendèrent et 10 soldats francais furent tués.
Les francais exigèrent du gouvernement japonais que les samourais en cause soient punis. La réaction nippone fut si dure qu'elle resta gravée dans les mémoires : pour chaque soldat francais tué 2 samourais devaient se donner la mort en présence de l'officier francais en charge.
Conformément au bushido, le code d'honneur des samourais, les soldats fautifs se suicidèrent selon le rite appelé seppuku et plus connu en occident sous le nom de hara-kiri.
L'officier francais, choqué par ce spectacle macabre, demanda au bout de 11 hara-kiri que les samourais restants soient graciés.
Les 11 samourais  morts par seppuku furent enterrés dans un temple de Sakai que j'ai visité avec Kumiko hier. Du site, il ne reste plus que les tombes et un autel, le reste étant devenu une école maternelle. Sensation bizarre de découvrir cet épisode sanglant de l'histoire nippone tout en entendant des enfants jouer dans la cour de récréation !


Durant toute la journée, nous nous sommes baladés dans les vieux quartiers de Sakai, visitant de nombreux temples qui à force se ressemblent tous. Mais de temps à autre on trouve 1 perle rare, 1 monument qui sort de l'ordinaire. Aujourd'hui ce fut le temple aux Jizôs.
Un jizô est une statue de pierre représentant un bouddha protecteur des enfants. Les familles qui ont perdu un enfant viennent prier les jizôs afin qu'ils le protègent dans l'au-delà. D'habitude on les trouve au bord des routes, un peu comme les statues du christ ou de la vierge en Europe, mais c'est rare d'en voir autant rassemblés, surtout de si petite taille. Ca m'a fait penser à une photo de classe :-).

Afin de finir cette journée sur une note humoristique, voici le dialogue que nous avons pu entendre entre 2 mamies sur le chemin du retour :
- Il est beau votre chien, mais dites-moi pourquoi lui avez-vous entouré la tête d'un foulard, est-il malade ?
- Oh non pas du tout. Mais vous savez, ses oreilles sont tellement longues que lorsqu'il fait sa commission elles trempent dedans et je suis obligée de les laver. Et quand c'est la grosse commission je ne vous raconte pas comment ca sent !

jeudi 13 décembre 2012

Objectif plein est !

Presque deux ans ont passé depuis mes derniers signes de vie sur ce blog, presque deux ans depuis le tremblement de terre et la catastrophe de Fukushima.
Le dernier voyage au Japon fut pleins de péripéties innatendues dont je me serais bien passé. Histoire de faire table rase sur ces souvenirs pas forcément agréables, la meilleure solution est de refaire les valises et d'y retourner ;-).


Demain à 13h40, nous allons quitter le village enneigé de Schmitten à destination d'Osaka. Le programme du séjour est encore assez flou, on va improviser :-).
Prochain message dès que je me suis remis du jet-lag et ai repris des forces en me gavant de mets nippons :-).

vendredi 1 avril 2011

A contre-courant

Les suites du décalage horaire s'estompent tout doucement et le quotidien reprend petit à petit ses droits. Ma mie nippone étant encore pour 4 semaines dans son pauvre pays au futur incertain, mon esprit est toutefois toujours loin, bien loin de cette réalité pécunière nécessaire mais pas forcément folichonne.
Ce séjour au Japon, que j'attendais avec impatience, a été en partie vidé de sa substance par la catastrophe du Tohoku. Peut-on profiter des vacances avec en permanence en tête les images de la vague meurtrière et de la menace nucléaire ? Oui, on peut et on le doit, pour les japonais ! Ce n'est pas la première catastrophe naturelle qui frappe le pays et sûrement pas la dernière. Toutefois, les japonais continuent à vivre, sans paniquer et s'entraident. Cette solidarité est exemplaire et bien nécessaire, vu qu'ils ne peuvent absolument pas compter sur leur gouvernement, passif et sans aucun sens de l'initiative. Malgré la situation dramatique, ils vont de l'avant, sans se plaindre. En tant qu'hôte récurrent en ce pays, je me dois moi aussi de regarder vers l'avenir et ne pas m'appitoyer sur mon sort et mes vacances en demi-teinte. J'ai de nouveau vécu des moments inoubliables, rencontré des gens formidables et dès que possible, je retournerais dans ce beau pays !

J'espère que ce carnet de voyage vous a plu. Il est temps à présent qu'il se retire pour aller hiberner, jusqu'au prochain périple. Pour finir, une coutume qui reflète bien l'âme nippone : hanami.
Tous les ans à cette époque, les japonais se réunissent dans les jardins pour fêter l'arrivée du printemps et admirer la floraison des cerisiers. Celle-ci ne dure pas longtemps, 1 à 2 semaines au plus et cette évanescence rappelle aux gens que rien ne perdure, qu'il faut savoir profiter de l'instant. C'est en quelque sorte le Carpe Diem nippon.

mardi 29 mars 2011

Les divagadations du déphasé

5h30 hier, 4h30 aujourd'hui, mon corps est bien rentré mais mon esprit vagabonde encore en Asie, à la recherche de son horloge biologique perdue.
Mes nuits sont plus belles que vos jours, tel était le titre d'un film francais il y a quelques années. Dans mon cas ca serait plutôt en ce moment mes nuits sont plus courtes que vos jours...
Un homme qui parle aux chats et rencontre la personification d'une marque de whisky, un adolescent fugueux torturé à la recherche de son futur à Shikoku, "Kafka on the Shore" de Murakami Haruki couvre mes insomnies d'un voile d'étrangeté et d'évasion bien agréable.
A l'écoute des mélodies langoureuses d'Angus & Julia Stone, je regarde le soleil se lever sur Offenbach et vais aller sur le marché. Si ca continue je vais bientôt pouvoir aider les maraîchers à installer leurs stands ;-).

lundi 28 mars 2011

La journée sans fin, retour au bercail germain

6h30* : Le réveil sonne. Petit déjeuner et dernière vérif des bagages.
7h30 : Le taxi est là et nous emmène à la gare routière d'Izumigaoka.
7h50 : Départ en bus pour l'aéroport.
8h50 : Arrivée à l'aéroport
9h30 : Les bagages sont enregistrés, petite ballade dans la galerie marchande. Je m'offre 1 dernier en-cas nippon, un "katsu-sando" (sandwich garni avec des morceaux de cotelette, de la salade et de la sauce barbecue, miam !).
11h00 : Embarquement avec pas mal de retard (le départ était prévu pour 10h55...)
11h40 : Décollage
22h30 : Arrivée à Helsinki après 1 vol sans histoire, pas de dodo mais 2 films très intéressants (1 thriller coréen et 1 roadmovie finlandais).
Recontrôle des bagages à main, petit footing jusqu'à la porte d'embarquement (nous sommes arrivés en retard...).
23h30 : Décollage.
2h du mat : Arrivée à Francfort sous le soleil.
2h30 : Taxi.
3h : Enfin à la maison.
6h : Au dodo. Le voyage est terminé.
*Tout est "Heure du Japon"

samedi 26 mars 2011

Koshi-En, ciel et enfer du baseball junior

Dernière journée au Japon. Afin de bien finir ce séjour pas toujours facile, je vais réaliser un de mes rêves, voir en live un tournoi de baseball !


Deux fois par an, au début du printemps et durant les vacances d'été, les meilleurs équipes de baseball des lycées se retrouvent dans le nord d'Osaka pour le Koshi-En, un tournoi très très apprécié et qui permet de découvrir les futures stars du baseball professionnel nippon. Ce tournoi se déroule toujours dans le stade des Hanshin Tigers, l'équipe pro de Osaka, 1 des leaders de la ligue.
Une amie de Kumiko est venue exprès en bateau depuis Sado (île située à env. 800 km sur la côte nord-ouest, côté mer du Japon) pour assister au match de son équipe favorite, qualifiée pour la première fois pour le Koshi-En. Le premier match de la journée (Sado contre Wakayama) débutant à 9h et le stade étant assez loin de Sakai (2 h de transports en commun), nous n'en voyons que la fin. La partie tourne malheureusement très en défaveur de Sado, score final 1-8.
Le 2ème match ne s'avère pas très intéressant, avec 2 équipes possédant bien une très bonne défense mais par contre des attaquants pas très brillants. Au contraire, le 3ème et dernier match de la journée, qui oppose un lycée de Tokyo à celui de Kumamoto (île de Kyushu), est passionnant.


Alors que la partie est durant les premiers ining (en gros équivalent des sets au tennis, un match comptant 9 ining) entièrement dominée par l'équipe de Kumamoto (7-1 après 3 ining), l'équipe de Tokyo se ressaisit et commence petit à petit à revenir au score à partir du 4ème ining. Très encouragée par des fans endiablés et pas mal emméchés, l'équipe de Tokyo égalise à la fin du 8ème et avant-dernier ining. A la fin du 9ème ining, alors que le score est toujours de 7-7, le receveur de Tokyo laisse tomber la balle et l'attaquant de Kumamoto arrive juste juste à finir le circuit. Score final 8-7 pour Kumamoto. Nous étions dans la tribune des fans de Tokyo, c'était franchement super !
Après ce match extraordinaire, nous retrouvons la copine de Kumiko à l'extérieur du stade puis retournons ensemble dans Osaka.


Affamés, nous reprenons la direction du sud à destination de notre quartier favori, Tengachaya.
Sur place, passage obligé chez le boucher qui fait les meilleurs korokke d'Osaka. Ensuite, nous nous posons dans l'Izakaya qui m'avait beaucoup plu la semaine dernière. Par hasard, un japonais avec qui j'avais bien tapé la converse est de nouveau présent. Les petits plats et l'atmosphère sont aujourd'hui encore excellents et nous passons une très bonne soirée.